Le Collège Notre - Dame Providence à Enghien n’est pas précisément un établissement qui se distingue par les problèmes de violence qu’on y rencontrerait, bien au contraire. C’est d’ailleurs ce qu’on peut entendre lors des rendez-vous d’inscription avec les familles : ce que les parents apprécient dans notre établissement, outre la qualité de l’enseignement et des résultats, c’est la prise en charge éducative des jeunes. Et, en effet, les élèves ont des repères. Alors pourquoi parler de médiation dans ce type d’établissement ? Parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir !
Dans tout établissement, une cour de récréation porte en germe diverses formes de violence : une bagarre autour d’un ballon, des paroles blessantes sur votre nom, vos vêtements, votre silhouette, une querelle avec une amie et voilà que le vide se fait autour de vous…. La présence des adultes, nombreux, ne peut tout réguler car les adultes ne voient et surtout n’entendent pas tout. Et puis les nouveaux moyens de communication (SMS, blogs…) peuvent aussi être à l’origine de mots qui font mal.
C’est pourquoi, à la rentrée de septembre 2006, les professeurs et les éducateurs du Collège Notre-Dame Providence ont décidé d’agir. Le projet prendra forme progressivement et se développera tout au long de l’année.
Dans un premier temps, la parole a été donnée aux élèves.
Dans chaque classe, autour du professeur principal, les élèves se sont exprimés
sur cette question pendant le mois de septembre. Tous ces témoignages (32
classes), d’une grande richesse et d’une grande variété, ont été regroupés. On
avait un état des lieux.
La deuxième étape devait nous conduire à choisir des moyens d’action. Depuis de nombreuses années, des élèves de 3ème, encadrés par un professeur de SVT, mènent une action contre les méfaits du tabac auprès de leurs camarades de 5ème. Parmi les moyens d’expression utilisés pour faire passer leur message, il y a le théâtre (plusieurs ateliers théâtre fonctionnent dans l’établissement). Il a été décidé d’agir sur le même modèle pour faire la prévention de la violence. Les témoignages des élèves ont été confiés à la responsable des ateliers théâtre qui en tirera le texte d’une pièce. Deux équipes d’élèves de 4ème répéteront cette pièce pendant plusieurs mois dans le but de la présenter à leurs camarades. Par ailleurs, une classe de 5ème préparera une exposition à partir de dessins humoristiques et une classe de 3ème une exposition sur Gandhi et la non violence. Le résultat de ces différentes actions devait être présenté aux élèves dans le courant du mois de mai.
Mais il est vite apparu que le projet ne pouvait s’arrêter là. Il ne suffisait pas de sensibiliser et de dénoncer. Pour aller plus loin, il nous fallait faire appel à d’autres ressources comme Génération Médiateurs. Un premier rendez-vous avec Babette Diaz a permis d’envisager un prolongement à notre projet. Nous avons présenté la médiation aux élèves et à l’équipe éducative (affiches, réunion débat) comme la réponse à apporter dans la gestion des conflits.
Une formation conjointe, adultes-élèves, a été prévue pour la fin du mois de juin.
La troisième étape alors pris forme. Elle a eu pour but de sensibiliser les élèves et de les inviter à s’engager. Une semaine, du 10 au 15 mai 2007, a été consacrée à cette tâche. Pendant cette semaine, toutes les classes de 6ème - 5ème - 4ème ont consacré une heure, en compagnie de leur professeur principal, à assister à la pièce de théâtre, visiter les expositions et découvrir la médiation. Pour des raisons topographiques (les classes de 3ème sont implantées sur un autre site), l’action des médiateurs ne s’adressera dans un premier temps qu’aux classes de 6ème - 5ème -4ème.
A la suite de la semaine de sensibilisation du mois de mai, un appel à candidature a été lancé auprès des élèves et des personnels d’éducation et d’enseignement pour la formation du mois de juin : 9 adultes et 11 jeunes assisteront à cette formation.
La
formation s’est déroulée les 19 – 20 et 22 juin 2007, encadrée par Babette Diaz
et
La formation a suscité beaucoup plus que de l’intérêt, chaque participant ne demandant qu’à poursuivre et aller plus loin. Une grande partie de la formation est commune aux adultes et aux jeunes. Chacun a accepté de jouer le jeu, c’est-à-dire de livrer une part de lui-même. Des liens nouveaux et forts se sont créés à l’intérieur du groupe des jeunes comme à l’intérieur du groupe des adultes ; mais surtout entre les jeunes et les adultes. A certains moments, il est cependant nécessaire de séparer les jeunes et les adultes, pour approfondir certaines questions avec les adultes, pour préparer certains exercices avec les jeunes, pour rendre la parole encore plus libre. Cette formation commune a facilité la mise en œuvre du projet en créant une dynamique, des liens entre les acteurs. Entre la rentrée de septembre et les vacances de Toussaint, la formation des jeunes a été consolidée, ils ont créé leur logo, préparé la décoration de la salle de médiation. Pendant une semaine, les médiateurs, accompagnés par des adultes, sont passés dans les classes pour présenter ce qu’est la médiation. Et le projet démarre…
Un nouveau groupe d’élèves va être formé au second trimestre, et un autre groupe encore au 3ème trimestre. Pour l’an prochain, un « Itinéraire de Découverte » sur la gestion des conflits et la non violence est en préparation, il pourrait constituer une première étape à la formation à la médiation.
Les outils utilisés sont ludiques et efficaces. Ce travail quotidien de formation à la connaissance de soi et à l’écoute de l’autre fait bien partie des enjeux prioritaires de la mission du collège.